Varlin
Née en 1900.
Meurt en 1977.
Suisse / lié à la scène suisse
Fils d’un photographe et photolithographe, il se forme d’abord à la lithographie, puis à l’École des arts appliqués de Saint-Gall. Il étudie à Berlin auprès d’Emil Orlik en 1921-1922, avant de poursuivre son apprentissage à Paris, notamment à la Grande-Chaumière, à l’Académie Julian et auprès d’André Lhote. En 1930, le marchand Leopold Zborowski devient son premier soutien et lui suggère le pseudonyme sous lequel il sera connu.
De retour en Suisse en 1932, Varlin s’établit à Zurich ; à partir de 1963, il vit principalement à Bondo.
Son œuvre s’inscrit dans une tradition réaliste et expressionniste. Plutôt que d’idéaliser ses sujets, le peintre observe les personnes et les choses dans leur présence concrète. Une ironie attentive traverse ses tableaux : elle ne réduit pas le quotidien à la caricature, mais en révèle la fragilité et en fait ressortir la poésie.
Les objets ordinaires acquièrent ainsi une dignité propre, tandis que ses portraits de personnalités suisses prolongent son intérêt pour les caractères singuliers. La peinture de Varlin associe observation directe et intensité expressive, donnant au banal une présence parfois troublante, parfois tendre.
À partir des années 1950, des expositions importantes lui sont consacrées, notamment au Kunsthaus de Zurich. En 1960, il participe à la Biennale de Venise. Le Kunstmuseum Luzern présente en 1951 l’exposition « Max Gubler, Varlin : Malerei », indice de sa visibilité muséale dès l’après-guerre.
Sa présence dans les collections publiques se poursuit : le Bündner Kunstmuseum a acquis en 2023 son tableau *König Ubu* (1965), réalisé à l’huile et au fusain sur toile. Ces repères situent Varlin parmi les peintres suisses du XXe siècle dont l’attention au réel s’accompagne d’un regard profondément personnel.