Mario Comensoli
Suisse / scène artistique suisse
Avec Mario Comensoli (1922–1993), la peinture devient un lieu de rencontre avec ceux que la société regarde trop peu. Ouvriers immigrés, jeunes danseurs et punks occupent le devant de la scène. Leurs corps, leurs vêtements et leurs gestes racontent une Suisse traversée par le travail, les aspirations nouvelles et les tensions sociales.
Une bourse de la Fondation Torricelli lui a permis d’y suivre une formation artistique. Ses séjours parisiens après la guerre l’ouvrent notamment aux recherches de Picasso et de Fernand Léger.
Dans les années 1950, ses « travailleurs en bleu » donnent une présence picturale aux immigrés employés aux tâches les plus pénibles. Plus tard, son regard se tourne vers le confort bourgeois, les mouvements de jeunesse et la culture populaire. Après 1968, des couleurs intenses et une proximité avec l’affiche et le pop art renouvellent son langage.
Les cycles consacrés au cinéma et aux discothèques prolongent cette attention aux espaces collectifs. Dans les années 1980, les punks apparaissent dans son œuvre. Ses dernières peintures abordent ensuite la fragilité des jeunes confrontés à la drogue dans les quartiers zurichois.
Le Kunsthaus Zürich lui consacre une exposition en 1989. Après sa mort, Hélène Comensoli classe son œuvre et prévoit la création de la fondation qui porte aujourd’hui leurs deux noms, chargée de préserver cet héritage et de le faire connaître.
Pour découvrir ses tableaux, on peut commencer par observer les attitudes : qui regarde, qui danse, qui travaille, qui demeure à l’écart ? Puis suivre les rapports entre les figures et leur environnement. Cette lecture attentive révèle une peinture où l’expérience individuelle et l’histoire collective se rencontrent sans se confondre.
