Niklaus Stoecklin
Née en 1896.
Meurt en 1982.
Suisse
Niklaus Stoecklin (Bâle, 1896 – Riehen, 1982) donne aux choses familières une présence d’une singulière intensité. Ses paysages urbains, ses natures mortes et ses scènes figuratives associent une observation précise à une atmosphère parfois énigmatique. Dans cette peinture, la netteté des contours ne dissipe pas le mystère : elle invite au contraire à examiner ce qui se joue derrière l’apparente évidence du visible.
Après une brève formation artistique à Bâle et à Munich, Stoecklin expose dès 1914 à la Kunsthalle Basel. En 1925, il est le seul artiste suisse représenté dans l’exposition Die Neue Sachlichkeit organisée par Gustav Friedrich Hartlaub à Mannheim. Cette participation l’inscrit dans l’histoire de la Nouvelle Objectivité, mouvement auquel son œuvre apporte une tonalité personnelle, proche du réalisme magique.
Vorstellung, tableau de 1920–1921 conservé au Kunst Museum Winterthur, permet d’approcher cette complexité. Un joueur d’orgue de Barbarie observe, à travers une ouverture, une femme endormie. Le paysage, les créatures fantastiques et la séparation entre intérieur et extérieur composent un récit dont le sens demeure ouvert.
La notice du musée souligne les affinités de cette construction spatiale avec la peinture gothique tardive, notamment celle de Konrad Witz.
L’univers de Stoecklin ne se limite cependant pas aux scènes imaginaires. Les vues de Bâle et de Paris comme les objets du quotidien nourrissent un répertoire varié. Son regard sélectionne, isole et organise les motifs avec une attention qui transforme leur présence ordinaire.
Ses affiches lui valent également une reconnaissance internationale, tandis que ses commandes publiques entretiennent un lien durable avec Bâle.
Ses œuvres figurent notamment dans les collections des musées de Bâle, Winterthur, Lausanne et Zurich. Les découvrir invite à ralentir le regard, à suivre une ligne ou à interroger un détail : chez Stoecklin, la précision de la représentation ouvre souvent sur une question plutôt que sur une certitude.
