Antonio Saura Atarés (1930–1998), artiste espagnol né à Huesca, construit en autodidacte une œuvre organisée autour de séries récurrentes : les Dames, les Crucifixions, les Visages, les Foules, les portraits imaginaires et la tauromachie. Il a décrit le corps féminin comme la matrice de constructions picturales en noir et blanc, auxquelles d’autres thèmes se sont progressivement associés. Il est le frère du cinéaste Carlos Saura.
À partir de 1943, une tuberculose osseuse l’oblige à rester immobile ; durant cette période, il expérimente l’écriture, le dessin et la peinture, sans suivre de formation en école d’art. Une première exposition de ses œuvres, issues de ces expérimentations, est organisée à la librairie Libros de Saragosse par le professeur Federico Torralba. À Madrid, la galerie Buchholz présente en 1951 sa deuxième exposition, sous le titre « Pinturas surréalistes de Antonio Saura » ; en 1953, il organise lui-même à la galerie Clan l’exposition « Arte fantástico ». En 1957, après s’être éloigné du surréalisme parisien, il conçoit le mouvement El Paso, dont il est donné comme fondateur avec Manolo Millares, Rafael Canogar et Luis Feito.
Les séries constituent un principe récurrent de son travail : les portraits imaginaires comprennent notamment de nombreux portraits de Goya, tandis que les Crucifixions et les Dames figurent parmi les ensembles qu’il poursuit. La tauromachie prend plusieurs formes, des lithographies accompagnant l’« Arte de Birlibirloque » de José Bergamín aux huiles sur toile des « Sauromaquias », datées de 1958 dans la source ; il peint également le taureau et le torero. Lors de sa première exposition à la galerie Pierre Matisse de New York, en 1961, il a déjà entrepris ses séries de Crucifixions, de suaires, de collages et de Dames, ainsi que des nus, des paysages et des portraits imaginaires. Son activité s’étend aussi à l’illustration d’ouvrages de George Orwell et de Franz Kafka, ainsi qu’à la création de décors pour l’opéra « Carmen » et la pièce « Woyzeck ».
En 1965, il détruit une centaine de ses toiles à Cuenca. À partir de 1976, il participe au premier Pavillon de l’Espagne démocratique à la Biennale de Venise. En 1985, il devient professeur d’art plastique au Cercle des Beaux-Arts de Madrid.
Cette fiche réunit les repères d’identité de Antonio Saura et les références de tableaux, dessins et œuvres sur papier retrouvées dans les catalogues de ventes.
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