Gustave Buchet · 4 min de lecture
Gustave Buchet : une Mise au tombeau futuriste au Concours Diday
En 1918, Gustave Buchet présente au Concours Diday une interprétation futuriste de la Mise au tombeau. L’œuvre suscite la polémique et obtient le quatrième prix ex aequo. En 1919, sa première exposition personnelle confirme sa position de chef de file du futurisme.
Publié le 21 septembre 2026
En 1918, Gustave Buchet présente sa Mise au tombeau au Concours Diday, à Genève. Son interprétation futuriste suscite la polémique — ou, selon la Fondation Gustave Buchet, « quelque remous » — et reçoit le quatrième prix ex aequo. Les sources établissent ces deux faits sans préciser les réactions individuelles du public ni les intentions du jury.
Buchet revient alors d’un deuxième séjour à Paris, effectué en 1916-1917. Formé à l’École des beaux-arts de Genève, il fréquente à Paris l’Académie de la Grande Chaumière et les cours libres de l’Académie Colarossi. Il se lie d’amitié avec Ossip Zadkine, qui l’initie au cubisme et au futurisme, et se passionne pour la représentation du mouvement, du rythme et du dynamisme.
De retour en Suisse, il poursuit ces recherches. Dès 1918, il adopte le principe de la « continuité de l’espace », qui rapproche les personnages de leur environnement et les fait s’interpénétrer. Dans Danseuse en mouvement, conservée au Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, il construit la composition par plans colorés, courbes et contre-courbes. Le musée souligne l’influence de l’orphisme de Robert et Sonia Delaunay et l’emploi de la spirale pour rendre sensible le déplacement de la danseuse.
La Mise au tombeau date également de 1918. Cette huile sur toile de 146 sur 116 centimètres est conservée au Musée d’art et d’histoire de Genève. Le musée l’a achetée en 1965. Les sources la désignent explicitement comme une œuvre futuriste et la rattachent aux recherches de Buchet sur le rythme et le mouvement.
Commentaire — Le contraste constitutif de l’épisode tient aux termes mêmes retenus par les sources : Buchet soumet une Mise au tombeau à une interprétation futuriste. La polémique et le quatrième prix ex aequo peuvent être rapportés ensemble, mais ils ne permettent pas de reconstituer les intentions du jury ni de qualifier cette distinction de reconnaissance hésitante.
En 1919, Buchet présente deux expositions personnelles au Salon Néri de Genève et fonde le mouvement futuriste A+D. Le Musée cantonal des Beaux-Arts indique que sa première exposition personnelle confirme sa position de chef de file du futurisme. Les sources ne présentent toutefois ni ces expositions ni la fondation d’A+D comme des conséquences directes de la controverse de 1918.
Après une brève participation à Dada-Genève, Buchet s’établit à Paris en mars 1920. Invité par Alexander Archipenko, il participe à l’exposition itinérante de la seconde Section d’Or. Il abandonne alors le futurisme au profit d’une peinture plane et géométrique, proche du post-cubisme de Fernand Léger et du purisme défendu par Le Corbusier et Amédée Ozenfant.
Commentaire — La Mise au tombeau documente ainsi un moment précis du parcours de Buchet : celui de ses recherches futuristes genevoises en 1918. L’œuvre provoque des remous, obtient un prix au Concours Diday et entre en 1965 dans les collections du Musée d’art et d’histoire de Genève. La reconnaissance durable de la place de Buchet au sein des avant-gardes historiques n’intervient, selon sa fondation, qu’au milieu des années 1970.
Sources et repères
- Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne — Guide de visite Gustave Buchet. Accusé de peindre ↗
- Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne — Danseuse en mouvement ↗
- Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne — Dossier de presse Gustave Buchet. Accusé de peindre ↗
- Fondation Gustave Buchet — Œuvre ↗
- Fondation Gustave Buchet — Biographie ↗
- Musée d’art et d’histoire de Genève — Rapport d’activité 2022 ↗

